Interview de Mourad Cheurf, Organisateur du Forum de la Diversité
France Info
Interview de Mourad Cheurf par Anne Chepeau et Sandrine Etaondeg - Dimanche 28 Spetembre
ANNE CHEPEAU
Où en est la diversité en entreprise ? Patrons, universitaires et associations font le point à l’occasion du 1er Forum de la Diversité, à la Cité des Sciences, à La Villette. Plusieurs conférences sont prévues et ouvertes gratuitement au public jusqu’à demain soir. Un forum pour échanger les expériences et les savoirs de chacun et construire des partenariats pour favoriser la diversité dans le monde du travail. Pour Mourad CHEURF (phon), organisateur de l’évènement, les entreprises françaises ont tout à gagner à intégrer cette diversité.
MOURAD CHEURF, ORGANISATEUR DU FORUM DE LA DIVERSITE
Aujourd’hui, en France, on est sur une exponentielle ; vous avez une effervescence d’acteurs avec des entreprises qui ont mis beaucoup de moyens depuis 2004, octobre 2004, la première chaire de la diversité qui a été signée par 40 entreprises pour des résultats qui nous semblent en tout cas encore bien en deçà des moyens engagés. Je crois que la France a aujourd’hui en son sein des jeunes et des moins jeunes, en tout cas de vraies compétences qu’il faut mettre en avant, et auxquels il faut donner une chance et une chance égale. Si la France, si notre société n’est pas capable d’inclure l’ensemble de ces compétences diverses, je crois qu’elle se mettra en marge de la croissance qu’elle doit de toute façon avoir pour pouvoir exister sur le plan européen comme mondial.
SANDRINE ETAONDEG
Qui dit diversité et entreprises dit, bien sûr, le fait de compter ou pas les minorités et, bien sûr, la question de la discrimination positive.
MOURAD CHEURF
Personnellement, je suis contre la discrimination positive et encore moins pour les quotas. Je pense que ce qu’il faut absolument mettre en place c’est changer le système qui crée les discriminations, à la limite mettre en place une action qui favorise l’émergence de populations, de groupes cibles, pourquoi pas ? Mais de mettre en place une politique de quotas c’est peut-être une solution à court terme, à moyen et long terme je crois que ce serait contreproductif. Au bout d’un moment, quand vous rentrez en entreprise, il peut y avoir un préjugé sur votre nom, sur d’où venez, si c’est un quartier notamment etc, mais au-delà de ça vous pouvez ensuite vous imposer par vos compétences et votre talent. Et c’est l’effet pervers des quotas, je n’aimerais pas qu’on ait toujours une suspicion sur ma présence à un poste, notamment à responsabilités, liée à mon origine ethnique où à un handicap, puisqu’on pourrait aussi parler de quotas pour le handicap ou pour autre chose. Ce qui est important c’est de bien comprendre que nous ce qu’on veut mettre en avant, notamment pour les entreprises, c’est la valeur ajoutée, la compétence, qui existe aujourd’hui et qui passe véritablement inaperçue.